KIRCHBERG H2O
Le projet semble incongru, voire laid, mais il découle d'une attitude rigoureuse, d'un processus de conception cherchant à dépasser les langages et les réflexes architecturaux pour créer quelque chose de vraiment spécifique et unique.
Cette infrastructure praticable, qui est aussi un lieu et une sculpture, crée un point de repère.
Malgré ses multiples apparences s'adressant à la diversité de son environnement, ce lieu est serein, posé. Il invite, relie et réunit fonctions et contextes, humains et animaux.
La proximité du boulevard ainsi que l'accessibilité publique du site suggèrent la mise en place d'un espace public singulier.
Par ses dimensions, mais aussi par la conception des parties inférieures des bassins, le projet offre une expérience spatiale unique au public.
Ce qui n'était potentiellement qu'un support structurel ou une infrastructure pour sa fonction initiale de château d'eau devient une destination, un lieu.
Les portes définies par les supports structurels s'ouvrent à ses contextes et guident les visiteurs et les promeneurs vers le Grünewald, le parc des médias et le quartier Kiem.
Depuis les halls de Luxexpo, on aperçoit sa silhouette intrigante se dissoudre dans les couronnes d'arbres.
CHOIX ARCHITECTURAL
Les contextes
L’implantation du ce château d’eau ne se trouve pas dans un seul contexte, mais dans des contextes différents.
C’est à cette diversité et complexité contextuelle que le projet doit s’adresser. Le projet doit pouvoir considérer, intégrer et éventuellement amplifier les spécificités du contexte.
Les programmes
Le cahier de charges ne demandait pas seulement l’infrastructure d’un château d’eau.
La requête de différents types de nichoirs pour oiseaux et chauve-souris, d’une plateforme d’observation semi-publique, ainsi que l’utilisation de la matière bois, souligne la spécificité du contexte et potentiellement du projet.
Les demandes programmatiques sont abordées de manière claire :
Le programme du château d’eau sera mis en œuvre de façon à communiquer sa spécificité en exposant ses éléments constitutifs (2 cuves, 1 circulation).
Les nichoirs bois exploiteront la structure inférieure du château d’eau pour s’y abriter et s’intégrer de manière avantageuse et essentielle au projet afin de ne pas devenir qu’une application anecdotique.
Le plan
Le cahier des charges préconisait 2 cuves et une circulation verticale intégrant les conduites.
La logique hydrologique demande des formes cylindriques (tant pour la stabilité et l’optimisation des charges que pour le flux des eaux).
La circulation et les installations techniques peuvent parfaitement s’approprier ces formes.
Ces parties primordiales du programme sont alors rassemblées tels des troncs d’arbres, laissant un vide minimal entre les parties afin d’y installer ergonomiquement les accès et installations techniques.
Les silhouettes
Les cuves, vannes et circulations sont reliées par un voile en béton. Ce voile est arrondi afin de garantir une stabilité optimale sans éléments structurels additionnels.
Pour minimiser l’emprise au sol, le voile est découpé par des voûtes chaînettes, représentant la forme idéale pour le report des charges importantes.
Les voûtes sont orientées de manière à relier les différents contextes.
La combinaison entre le voile et les découpes crée une multitude de silhouettes et façades hétérogènes et riches d’expression. Ainsi, le projet réagit aux contextes et génère des expériences diverses, à différentes vitesses (passage en voiture, promenade etc).
Les espaces publics
La proximité du boulevard ainsi que l’accessibilité publique du site suggèrent la mise en œuvre d’un espace public singulier au sol. Par les dimensions, mais aussi le dessin des parties inférieures aux cuves, le projet offre une expérience spatiale inédite au public.
Ce qui n’était potentiellement qu’un support structurel ou qu’une infrastructure pour la fonction première de château d’eau, est ici tourné en destination, en lieu.
Le château d’eau devient une porte urbaine faisant converger les sentiers vers son espace public. La porte s’ouvre sur ses contextes et oriente les visiteurs et promeneurs tant au Grünewald qu’au Media Park et au Quartier Kiem. Depuis les halles de la foire, on apercevra sa silhouette intrigante se dissolvant dans les couronnes d’arbres.
Les nichoirs
Profitant des orientations avantageuses, de la protection des intempéries ainsi que de la pluralité des dispositions, les nichoirs pour martinets et chauve-souris s’incrustent à l’intérieur de la structure.
La construction en bois autoportante y forme les voûtes et définit d’importantes façades perméables que l’écosystème local pourra s’approprier. A l’intérieur de cet espace, hommes et oiseaux cohabiteront. L’espace aura une dimension urbaine, une générosité sacrale qui se fondera par sa matérialité dans la zone Natura 2000.
Les plateformes
Répondant aux contextes avoisinants, le projet propose des plateformes d’observation sur plusieurs niveaux.
Ainsi, un espace couvert abritant les visiteurs des intempéries et du vent, cadre la zone Natura 2000 d’un côté, la place de l’Europe et la silhouette de la vieille ville de l’autre.
La terrasse offre un panorama généreux sur tout le plateau du Kirchberg.
in collaboration with V+ (be)